Du 4 au 8 mai 2026, la mission BIO-PLATEAUX II a réuni en Guyane, au Suriname et au Brésil les acteurs de l’eau, institutions et gestionnaires territoriaux afin de renforcer la connaissance et la gestion des fleuves transfrontaliers grâce à l’hydrologie spatiale.
La mission s’est déroulée en deux étapes : une première phase de coopération entre le Suriname et la Guyane française (4–6 mai, Kourou et Cayenne), suivie d’un atelier franco-brésilien à Oiapoque (7–8 mai), en présence des acteurs de l’État d’Amapá.
Voir la vidéo de la mission: https://www.youtube.com/watch?v=H5QSxdk5cIE
Ces échanges ont permis de présenter l’apport des outils satellitaires pour la gestion de l’eau et de valoriser les solutions de visualisation développées par le projet BIO-PLATEAUX II pour les bassins du Maroni et de l’Oiapoque.
Des technologies spatiales au service de la connaissance des fleuves
En partenariat avec l’Institut de Recherche pour le Développement et la start-up Hydromatters, les travaux ont porté sur quatre piliers de l’hydrologie spatiale : la pluviométrie satellitaire, la modélisation hydrologique (MGB), l’altimétrie spatiale pour le suivi des niveaux d’eau, et la surveillance de la qualité de l’eau via l’analyse de la couleur des eaux de surface. Ces approches permettent de mieux comprendre des territoires peu instrumentés et d’améliorer le suivi des précipitations, la prévision des crues et des étiages, ainsi que l’évaluation de la qualité de l’eau.
Une étude intégrée innovante à l’échelle du Plateau des Guyanes
Dans le cadre du projet BIO-PLATEAUX II, une étude intégrée mobilise ces quatre axes complémentaires. L’utilisation conjointe de satellites comme SWOT ou Sentinel-2, des observations de terrain et des modèles hydrologiques permet une vision continue du fonctionnement des bassins versants. Cette approche contribue à mieux estimer les débits et hauteurs d’eau et sa qualité, et in fine à anticiper les risques et à détecter des pressions environnementales telles que l’orpaillage ou la déforestation. Ces travaux s’inscrivent dans la continuité des recherches effectuées depuis plusieurs années par le Centre National d’Etudes Spatiales, et le SCO/ OpHySE .
Outils de visualisation de la plateforme BIO PLATEAUX
La mission a également mis en avant la plateforme www.bio-plateaux.org, développée par l’Office International de l’Eau (OiEau), qui centralise des outils de visualisation dédiés à la pluviométrie, à la modélisation hydrologique, à l’altimétrie et à la qualité de l’eau. Les démonstrations ont suscité de nombreux échanges avec les participants, permettant de recueillir des retours d’expérience, d’identifier des usages opérationnels et de mieux définir les besoins futurs.
Une coopération régionale renforcée
Enfin, la mission a confirmé le rôle central des fleuves transfrontaliers du Maroni et de l’Oiapoque dans la coopération régionale.
Sur le Maroni, les partenaires ont exprimé leur volonté de poursuivre et de structurer davantage la coopération sur le Maroni, notamment à travers la préfiguration d’un Groupement Européen de Coopération Territoriale (GECT) franco-surinamais. Des pistes complémentaires ont été évoquées, comme l’amélioration de la navigabilité en période d’étiage ou le recours à des solutions innovantes de suivi des précipitations via les réseaux mobiles.
Pour le bassin de l’Oiapoque, les échanges ont mis en avant la nécessité de construire un diagnostic partagé et progressif du bassin, via un état des connaissances commun et un dialogue technique renforcé entre experts brésiliens et guyanais.
En renforçant la circulation des données, les capacités techniques et la coopération entre territoires, BIO-PLATEAUX II contribue à l’émergence d’une gestion intégrée, concertée et durable des ressources en eau à l’échelle du Plateau des Guyanes.